Après avoir participé au Festival des 3 Continents en tant que rédacteur du Gazeto et du Journal en ligne en 2009, Benjamin Gauducheau, 23 ans, s’est dit qu’il serait opportun de partir à l’étranger. Sa destination, la Chine. Ça tombe bien, il y a une sélection chinoise cette année, et on aurait quelques questions à lui poser à cet ancien Master 2 Information-Communication. De retour pour un nouveau visa, et entre deux projections, nous l’avons rencontré.
D’où te vient cette passion pour la Chine ?
Ce n’est pas une passion. Avant mon Master Information Communication, j’ai eu une licence LEA (Langues Étrangères Appliquées), pendant laquelle j’ai étudié le chinois. J’avais pris cette langue par hasard. Pendant cette licence, je suis parti à trois reprises en Chine. Donc lorsque j’ai dû chercher un stage de fin d’année pour le Master 2, je me suis dit, c’est le moment de me spécialiser. Ma démarche s’inscrit dans un parcours de plusieurs années durant lesquelles j’avais déjà commencé à développer une connaissance du pays et de la langue. C’est important d’avoir des compétences que les autres n’ont pas, surtout dans notre branche. Ensuite, j’ai donc trouvé ce stage dans une agence française qui vend des petits films sur l’actualité chinoise aux chaînes de télévision françaises. À la fin de mon stage, un poste s’est libéré et j’ai décidé de rester. C’est la première fois que je reviens en France depuis !
Et alors, c’est comment en Chine ?
Très différent de la France. Au début ça fait vraiment un choc. Et leur façon de penser est totalement différente de la nôtre. Mais je trouve ça passionnant. Ils ne vivent pas comme nous, il faut un moment pour s’adapter. Ce qui m’a frappé en revenant ici, c’est le calme des rues. En Chine, les rues sont en perpétuel bouillonnement, sans parler de la pollution. On se sent agressé. En France, j’ai l’impression de me balader.
Parlons maintenant de la sélection sur le cinéma chinois. La trouves-tu représentative de ce que tu peux voir sur place ?
En fait, j’ai trouvé la sélection assez étonnante. Les films choisis ne sont pas d’un super niveau. Enfin, par rapport à ce que j’ai vu là-bas. J’ai beaucoup aimé Mr Zhao, qui a remplacé We. C’était très bien. Une amie m’avait recommandé Good Cats, j’y suis allé, et elle avait raison, c’est vraiment pas mal. Je connais le réalisateur Wang Bing bien sûr, mais je n’ai pas eu le temps d’aller voir ses films. Par contre, j’ai été très déçu par The High Life. Les effets étaient bizarres et ne représentaient rien. Pareil pour Oxhide II, qui n’est même pas un documentaire d’ailleurs.
Tu arrives à en voir régulièrement ?
Les films indépendants ne passent pas dans les grands complexes de cinéma, comme on peut en trouver en Europe. On y trouve que les grosses productions nationales, mélange entre récit de guerre historique et romance à l’eau de rose, ou alors les derniers gros blockbusters américains. Si on veut voir des films indépendants, il faut aller dans des bars, des associations, des lieux alternatifs. C’est moins underground qu’il n’y paraît et les projections ne se limitent pas aux films chinois, c’est très ouvert au reste du monde. Une fois j’ai même vu un film sur le flamenco réalisé par un israélien. Et c’était très bien !
Tu es déjà allé dans un complexe de cinéma chinois ?
Oui, mais ça n’a pas été une expérience agréable. Le son est extrêmement fort dans les salles et les gens ne se gênent absolument pas pour répondre à leur téléphone.
Amalia GRANDIN
Crédit photo : Erwin ENINGER







