Qu’elle soit entrante ou sortante, par le biais de conventions ou d’une démarche individuelle, la mobilité des étudiants étrangers est synonyme, aujourd’hui, pour une ville de dynamisme culturel et de rayonnement à l’international.
Nantes, sixième ville de France, se situe en dessous de la moyenne nationale en termes d’accueil d’étudiants étrangers à l’université mais se classe en tête des universités Erasmus de France. Une ville étudiante aux multiples accents, esquissée en quelques chiffres.

En novembre 2010, la société de GPS TomTom publie une enquête sur les embouteillages en France. Surprise ! La région nantaise arrive en première place du classement avec 42,3 % d’axes embouteillés par jours, contre seulement 31,2 % pour la région parisienne. Décryptage…
Pendant deux ans, de septembre 2008 à septembre 2010, la société TomTom a étudié les déplacements des automobilistes équipés de GPS TomTom, soit « 5,5 millions d’utilisateurs », confirme Arnaud Pezeron, directeur marketing de la société.
Si la vitesse des véhicules était égale ou inférieure à 70 % de la vitesse autorisée, TomTom considérait qu’ils étaient coincés dans un embouteillage. « Par exemple, si la vitesse est limitée à 50 km/h et qu’on constate que les automobilistes roulent à 35 km/h, on estime alors qu’il y a un taux de congestion », explique -t-il. Ces indicateurs ont positionné la métropole nantaise en haut du podium des villes de plus de 100 000 habitants les plus embouteillées.

La société TomTom n’est cependant pas une source très fiable, ni vérifiable. Ainsi, tous les usagers ne disposent pas forcément d’un GPS TomTom. Exemple : si des zones à Paris se trouvent sans détenteurs d’un tel appareil, ceci invaliderait « l’analyse »… car l’instrument de mesure est absent. Dans la même logique : on n’allume pas forcément son GPS pour parcourir les trajets quotidiens, d’autant plus s’ils sont toujours embouteillés. Les résultats de l’enquête TomTom sont donc à considérer avec des pincettes. Toutefois, il est vrai que l’INSEE a publié une enquête selon laquelle les habitants de Loire-Atlantique seraient ceux qui utilisent le plus la voiture. Forcément, les risques de bouchons ne peuvent qu’être augmentés. Précisons que ces trajets sont principalement liés à un motif professionnel (trajet domicile/travail, déplacements chez des clients…). « Les villes ayant un centre historique sont défavorisées », reconnaît Arnaud Pezeron, les anciens bâtiments ne facilitant pas la circulation. On peut également souligner que l’étude n’a tenu compte que des surfaces des villes intra-muros : l’étendue n’est donc pas la même pour les villes de Paris, de Nantes ou de Marseille. De fait, si Nantes arrive première dans le classement pour les villes de plus de 100 000 habitants, la donne change complètement lorsque l’on regarde les résultats par départements. La Loire-Atlantique arrive en 18e position, loin derrière les Hauts-de-Seine et Paris.

Cependant, même si on peut mettre en doute la fiabilité de l’enquête, il ne fait en revanche aucun doute que Nantes connaît régulièrement des embouteillages. Aux heures de pointe, à partir de 7h30 le matin et 17h le soir, difficile de se frayer un chemin. Les endroits stratégiques, bêtes noires des automobilistes, sont situés au niveau du périphérique et des ponts, notamment celui de Cheviré. Tous les jours en semaine, les usagers doivent faire preuve de patience pour enjamber la Loire et atteindre l’autre rive. La patience est-elle un critère de bonheur ? Si c’est le cas, les automobilistes nantais sont comblés !
• Marion Juhel et Julie Urvoy

Elue « ville la plus agréable à vivre d’Europe » par la magazine Time en 2004, Nantes a-t-elle une propension plus grande au bonheur ? On aime à répéter que « l’argent ne fait pas le bonheur », mais si cet adage rassure, il reste encore à prouver.
Première ville de France en terme de qualité de vie, Nantes doit maintenant se soumettre à l’étude de l’économie du bonheur. A la différence de l’économie du bien-être, elle mesure en toute subjectivité, l’état conscient d’une société. Elle se mesure avant tout grâce à un indicateur humain, une échelle d’auto-évaluation répondant à une simple question : « à quel point nous sentons-nous heureux ? » Question qui vaut donc d’être posée au regard de nos revenus. (lire L’économie du Bonheur, c’est quoi ? )
S’il est vrai que les loyers et les salaires représentent un montant inférieur à la moyenne nationale, reste à prouver le lien de cause à effet entre le portefeuille des Nantais et leur bonheur.
En effet, dans l’économie traditionnelle, la croissance facteur de bien-être matériel, engendrerait le bonheur. La « pyramide des besoins de Maslow » représente d’ailleurs la satisfaction des besoins et des désirs en tant que bâtisseur du bonheur global des individus, et place donc les deux indicateurs en corrélation directe. Mais selon Temporal Aspects of Life Satisfaction de Lina Erikson, J.Mahmud Rice et R.E.Goodin, le revenu n’est en aucun point corrélé avec le bonheur. Le lien qu’ils entretiennent a en effet ses limites : un individu à revenus faibles se voyant attribué une augmentation sera davantage heureux qu’une personne à revenus plus élevés à qui on n’offrirait jamais de prime par exemple. Il est ici davantage question de satisfaction personnelle et de fierté que de revenu en lui-même, mais cela entre en ligne de compte.
Chaque cas, chaque ménage est unique. Alors qui croire ? Comment vérifier ces dires ? En allant directement rencontrer les Nantais (lire les analyses de budget ci-contre).
Nantes, c’est 290 943 habitants, 143 356 ménages, dont 52 % de célibataires. Lorsque l’on se focalise sur les revenus des Nantais, on constate que pour près de 2 habitants par foyer, le salaire moyen pour faire tourner ce ménage est de 2 134 €/mois. Avec un salaire par actif de 1 931 € en moyenne, Nantes se classe en terme de revenus, à la 23 230e place sur les 36 717 villes que compte la France. Oui mais, comment se classe-t-elle par rapport aux villes voisines, à son agglomération ? Pas mieux. Nantes est même en dernière position des 10 villes les plus importantes de son entourage, face à la Chapelle sur Erdre ou encore Basse Goulaine. Malgré une progression annuelle de 3,9 %, Nantes reste donc en dessous de la moyenne régionale et nationale qui s’élèvent respectivement à 2 505 et 2 519 € / mois.
Comment le justifier ? Nantes est une ville qui a longtemps été cité ouvrière, elle est encore aujourd’hui un pôle universitaire, le pourcentage d’étudiants rivalise par exemple avec celui des cadres (respectivement de 14,3 % contre 16 %). De plus, il est bon de rappeler que le classement effectué fait entrer en ligne de compte toutes les villes de France, et donc par définition, certaines dont les données ne sont pas comparables, par exemple en terme de nombre d’habitants.
Cependant, Nantes conserve pour elle un argument non négligeable tel que sa place de 9e ville la plus « riche » de France, dénombrant environ 3 764 redevables à l’ISF (Impôt sur la Fortune).
Si Nantes est une ville globalement « heureuse », elle rejoint ses consœurs sur le fléau du chômage et le « malheur » qui lui est associé.
Le taux de chômage de la ville reste moins important que le taux national avec 8,2 % contre 9,7% en décembre 2010, soient 21 937 chômeurs à Nantes. De plus, avec plus de 275 000 emplois disponibles, la métropole connaît un accroissement annuel certain alors même que la création d’emplois rencontre des difficultés en France qui en compte, elle, 16,4 millions avec une augmentation minime de 0,1% (fin 2010).
Si les sociétés les moins inégalitaires sont dit-on, les plus heureuses, à Nantes, ces inégalités persistent : 10 % des ménages les plus riches perçoivent 41 % des revenus de la ville.
Nous avons alors tenté de comprendre ce lien entre argent et bonheur, non pas pour répondre à la fameuse question « l’argent le fait-il ? » mais plutôt à celle du « comment Nantes se positionne-t-elle – avec les revenus qui lui correspondent – comme l’une des premières villes où il fait bon vivre ? ».
• Cyrielle Gendron & Pauline Hélaine

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A Nantes on se marie de moins en moins, mais on doit toutefois s’aimer beaucoup… puisqu’on est les champions du Pacs.
D’après l’Insee, 4725 Pacs ont été conclus en Loire Atlantique en 2009 pour 5015 mariages célébrés. A la lumière de ces chiffres, on s’aperçoit que le Pacs est presque autant célébré que les mariages. Pour préciser cette tendance, on peut décortiquer les statistiques nationales depuis la création du Pacs : en 1999, la France comptait 293 544 mariages pour seulement 6 000 Pacs, alors que 10 ans après, 256 000 mariages étaient officialisés pour 175 000 Pacs (soit 2 Pacs pour 3 mariages). Le Pacs gagne donc du terrain sur le mariage, au point qu’il est institutionnellement rentré dans les mœurs des français.
La Loire-Atlantique, est depuis 2007 le premier département métropolitain dont le taux de Pacs est le plus élevé. En effet, en 2009, 16 Pacs pour 10 000 habitants y ont été conclus, tandis que la moyenne nationale s’élève à 12 Pacs pour 10 000 habitants.
Cette première place s’explique par une forte croissance du taux de Pacs entre 2008 et 2009. 40 % d’augmentation ont ainsi été relevés, soit le double du taux d’évolution national qui est de 23 %. A noter qu’il y a 52 % de célibataires à Nantes, chiffre erroné puisque chaque membre d’un couple pacsé est considéré lors des recensements comme célibataire. Un manque de reconnaissance qui prouve que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les nantais ne souffrent pas de solitude.
Nantes, capitale de la Loire-Atlantique, 6e agglomération française, dénombrait 2 350 Pacs en 2008. Pacs et mariage sont deux contrats d’union qui permettent aux couples nantais d’exprimer leur engagement et d’afficher leur bonheur. Aujourd’hui les chiffres nous montrent que le Pacs est de plus en plus sollicité par les Nantais et met à mal la notion traditionnelle de mariage. Aux vues des nombreux divorces prononcés, on peut penser que le mariage est source de désillusion. Le Pacs rendrait-il plus heureux ? En se pacsant, les Nantais seraient-ils à la recherche du bonheur ? C’est bien possible : s’ils s’aiment toutes et tous autant, cela doit aider.
• Justine Dagorn et Mathilde Maréchal
À mi-chemin du Plan Vélo 2009-2014 développé par Nantes Métropole pour aménager et faciliter la circulation à vélo sur les 388 km de bandes ou pistes cyclables, couloirs de bus et voies mixtes piétons-cycles (contre 225 km en 2005), la pratique du vélo apparaît plus répandue dans la région Pays de la Loire qu’au niveau national. Notamment aux dépens de la marche à pied, dont la part a chuté de 4 points depuis 1994 dans les déplacements locaux.
Les modes doux de déplacement représentent l’ensemble des moyens de déplacement alternatifs aux modes motorisés, c’est-à-dire ceux qui utilisent la force musculaire (marche à pied, vélo…) Or, depuis 2002, ces modes doux contribuent à la baisse de la part de la voiture (de 62 % en 2002 à 57 % en 2009) dans les 2,1 millions de déplacements des habitants de la métropole nantaise du lundi au vendredi. Le temps de déplacement moyen en utilisant un transport collectif (près de 30 minutes contre moins de 15 minutes pour la marche à pied et les deux roues) encourage également de plus en plus de Nantais à changer leurs modes de déplacement.
Les ménages des centres-villes des Pays de la Loire ont en effet plus de vélos adultes que ceux des autres régions hors Ile-de-France (78 vélos adultes utilisés pour 100 ménages contre 52 hors Île-de-France). Des évènements comme La Fête du Vélo (le premier week-end de juin), les balades urbaines, ou encore la Semaine européenne de la mobilité (à la mi-septembre), permettent de démocratiser cette pratique, également favorisée par la présence de 2 000 places de stationnement abritées, 870 Bicloo (vélos en libre-service) répartis sur 89 stations, 300 vélos Vélocampus en location pour étudiants et 100 vélos à assistance électrique en location.
Selon Jacques Garreau, vice-président de Nantes Métropole en charge des déplacements doux, dont l’ambition serait de doubler le pourcentage de déplacements à vélo (2 %) d’ici à 2015, il est également prévu d’installer 5 000 appuis-vélos, 1 000 places vélo en abris sécurisés dans les parkings relais et 10 nouvelles stations de Bicloo, 90 vélos, voire un service 24 h/24. Même les navettes fluviales se sont mises au vélo puisque Le Jules Verne (90 places et 10 vélos) et le Navibus (12 passagers et 4 vélos) voguent sur l’Erdre et le Trentemoult et le Chantenay (90 personnes et 10 vélos chacun) sur la Loire.
Toutefois, des particularités locales demeurent. Elles concernent les obstacles à l’utilisation du vélo tels que les conditions météorologiques, la crainte du vol ou de l’accident de la circulation. L’association nantaise Place au Vélo, membre de la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUBicy), rassemble plus de 700 adhérents et lutte pour le marquage des vélos. Jusqu’à janvier 2011, 5 000 vélos avaient été marqués par l’association pour lutter contre la première cause de non-pratique du vélo. En France, plus de 400 000 vélos sont en effet volés par an, soit environ 1/6ème des ventes. Seulement 150 000 sont retrouvés, abandonnés, mais ne peuvent être restitués à leur propriétaire, faute d’identification. En Pays de la Loire, la part des déplacements en bicyclette est ainsi deux fois plus importante en été qu’en hiver. La part du vélo en Pays de la Loire dans les modes de déplacements locaux est par exemple de 4,7 % en été contre 4,1 % en automne, 3,9 % au printemps et 2,3 % en hiver. Dans l’agglomération nantaise plus précisément, durant la saison estivale, 6 % des déplacements se font en vélo, soit quatre fois plus qu’en période hivernale.
Il semblerait également qu’utiliser le vélo pour ses déplacements est davantage une pratique masculine (5 %) que féminine (2 %) dans la région nantaise, les femmes étant probablement plus sensibles à la dangerosité de la pratique du vélo, tandis que les hommes y voient l’opportunité de lutter contre la sédentarité. Enfin, l’âge est également à prendre en considération. Pour les plus jeunes, l’impossibilité légale de conduire une voiture et la proximité des établissements scolaires sont autant d’incitations à utiliser les modes doux. Un jeune de moins de 25 ans est en effet un cycliste pour un déplacement sur vingt. Tandis que chez les retraités, par choix ou par contrainte (pas de permis de conduire), les modes doux représentent un tiers de la mobilité locale (40 % chez les plus de 75 ans).
Références :
Nantes Métropole – Comment se déplacer à vélo ?
Insee – Les déplacements à Nantes Métropole : la pole position de la voiture contestée
Insee – Les transports et déplacements des habitants des Pays de la Loire
Pour aller plus loin :
Diaporama commenté : Les Nantais, le vélo dans la peau
Lionel Corgnet : « L’ère du pétrole est révolue »