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Anelle est gestionnaire export depuis 2007, elle a décidé de faire un Fongecif* pour atteindre un master 2 Administration des entreprises et pouvoir se tourner vers un emploi plus qualifié. Boris « fête » sa première année de chômage. Il était banquier mais a tout arrêté.
« J’ai quitté la banque après 2 ans et demi d’intense activité car c’est vraiment un monde particulier, avec des pratiques et une mentalité dans laquelle je ne me retrouve absolument pas. «
• Salaire d’Anelle (salaire unique du foyer donc) : 1450 €
• Salaire de Boris : sans revenu, en attente d’indemnités ASSEDIC
• Epargne : 100 €
• Loyer : 530 € charges comprises
« Nous chercherons un plus grand appartement quand j’aurais trouvé une activité, pour le moment, le nôtre nous suffit »
• EDF : 80 €
• Internet, Télévision, Téléphone fixe : 29,99 €
• Impôts (sur le revenu + taxe d’habitation) : 150 € par mois
• Assurance voiture et habitation : 45 €
• Frais bancaires : 8 €
• Alimentation : 400 €
« Cette dépense est aléatoire puisqu’elle dépend de nos amis qui vont et viennent dîner chez nous, de nos envies de cuisiner… »
• Essence : 45 €
« Depuis que Boris n’en a plus besoin pour aller travailler, je prends la voiture tous les jours pour aller au travail. On habite en centre ville, c’est un choix, mais mon travail m’obligeait à prendre plusieurs transports en commun, maintenant, j’économise du temps en prenant la voiture. »
• Entretien voiture : 70 €
« Nous avons dû faire la vidange ce mois-ci mais ce type de dépense est exceptionnel. »
• Loisirs : 380 €
- Cinéma : 40 €
- Restaurant : 120 €
« On n’utilise que des ticket de cinéma à 5 €, et nous allons voir 4 films par mois en moyenne. Nous ne sortons jamais en boîte de nuit, et assez rarement dans les bars finalement. Le budget loisirs va donc essentiellement dans les restaurants, environ une à deux fois par mois. »
- Vêtements : 220 €
« Ce mois-ci c’était les soldes donc on s’est un peu « lâché » mais ce n’est pas représentatif de nos dépenses dans les vêtements »
En conclusion, Boris ajoute : « vous remarquerez que le budget de notre foyer est largement déficitaire, et ce pour deux raisons : je suis toujours en attente de mes indemnisations ASSEDIC et les soldes ont fait un peu mal cette année ! Nous n’avons aucun emprunt en cours donc ça nous sauve un peu. Je compense l’absence de mes revenus par ma « fortune » personnelle, autrement dit, l’argent que j’avais mis de côté en travaillant. »
• Pauline Hélaine & Cyrielle Gendron

Elue « ville la plus agréable à vivre d’Europe » par la magazine Time en 2004, Nantes a-t-elle une propension plus grande au bonheur ? On aime à répéter que « l’argent ne fait pas le bonheur », mais si cet adage rassure, il reste encore à prouver.
Première ville de France en terme de qualité de vie, Nantes doit maintenant se soumettre à l’étude de l’économie du bonheur. A la différence de l’économie du bien-être, elle mesure en toute subjectivité, l’état conscient d’une société. Elle se mesure avant tout grâce à un indicateur humain, une échelle d’auto-évaluation répondant à une simple question : « à quel point nous sentons-nous heureux ? » Question qui vaut donc d’être posée au regard de nos revenus. (lire L’économie du Bonheur, c’est quoi ? )
S’il est vrai que les loyers et les salaires représentent un montant inférieur à la moyenne nationale, reste à prouver le lien de cause à effet entre le portefeuille des Nantais et leur bonheur.
En effet, dans l’économie traditionnelle, la croissance facteur de bien-être matériel, engendrerait le bonheur. La « pyramide des besoins de Maslow » représente d’ailleurs la satisfaction des besoins et des désirs en tant que bâtisseur du bonheur global des individus, et place donc les deux indicateurs en corrélation directe. Mais selon Temporal Aspects of Life Satisfaction de Lina Erikson, J.Mahmud Rice et R.E.Goodin, le revenu n’est en aucun point corrélé avec le bonheur. Le lien qu’ils entretiennent a en effet ses limites : un individu à revenus faibles se voyant attribué une augmentation sera davantage heureux qu’une personne à revenus plus élevés à qui on n’offrirait jamais de prime par exemple. Il est ici davantage question de satisfaction personnelle et de fierté que de revenu en lui-même, mais cela entre en ligne de compte.
Chaque cas, chaque ménage est unique. Alors qui croire ? Comment vérifier ces dires ? En allant directement rencontrer les Nantais (lire les analyses de budget ci-contre).
Nantes, c’est 290 943 habitants, 143 356 ménages, dont 52 % de célibataires. Lorsque l’on se focalise sur les revenus des Nantais, on constate que pour près de 2 habitants par foyer, le salaire moyen pour faire tourner ce ménage est de 2 134 €/mois. Avec un salaire par actif de 1 931 € en moyenne, Nantes se classe en terme de revenus, à la 23 230e place sur les 36 717 villes que compte la France. Oui mais, comment se classe-t-elle par rapport aux villes voisines, à son agglomération ? Pas mieux. Nantes est même en dernière position des 10 villes les plus importantes de son entourage, face à la Chapelle sur Erdre ou encore Basse Goulaine. Malgré une progression annuelle de 3,9 %, Nantes reste donc en dessous de la moyenne régionale et nationale qui s’élèvent respectivement à 2 505 et 2 519 € / mois.
Comment le justifier ? Nantes est une ville qui a longtemps été cité ouvrière, elle est encore aujourd’hui un pôle universitaire, le pourcentage d’étudiants rivalise par exemple avec celui des cadres (respectivement de 14,3 % contre 16 %). De plus, il est bon de rappeler que le classement effectué fait entrer en ligne de compte toutes les villes de France, et donc par définition, certaines dont les données ne sont pas comparables, par exemple en terme de nombre d’habitants.
Cependant, Nantes conserve pour elle un argument non négligeable tel que sa place de 9e ville la plus « riche » de France, dénombrant environ 3 764 redevables à l’ISF (Impôt sur la Fortune).
Si Nantes est une ville globalement « heureuse », elle rejoint ses consœurs sur le fléau du chômage et le « malheur » qui lui est associé.
Le taux de chômage de la ville reste moins important que le taux national avec 8,2 % contre 9,7% en décembre 2010, soient 21 937 chômeurs à Nantes. De plus, avec plus de 275 000 emplois disponibles, la métropole connaît un accroissement annuel certain alors même que la création d’emplois rencontre des difficultés en France qui en compte, elle, 16,4 millions avec une augmentation minime de 0,1% (fin 2010).
Si les sociétés les moins inégalitaires sont dit-on, les plus heureuses, à Nantes, ces inégalités persistent : 10 % des ménages les plus riches perçoivent 41 % des revenus de la ville.
Nous avons alors tenté de comprendre ce lien entre argent et bonheur, non pas pour répondre à la fameuse question « l’argent le fait-il ? » mais plutôt à celle du « comment Nantes se positionne-t-elle – avec les revenus qui lui correspondent – comme l’une des premières villes où il fait bon vivre ? ».
• Cyrielle Gendron & Pauline Hélaine